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Mes 2 ans d’amour avec la Louisiane

Hey toi ! Joyeux jeudi !

Ca y est ! Oui ! Enfin on déconfine !

Génial, super, fantastique, magnifique ! Mais tant que les frontières ne sont pas ouvertes et tant que je ne peux pas enrouler 3 shorts et 8 t-shirts dans mon sac à dos pour sauter dans un avion et continuer la collection de tampons dans mon passeport, j’aurais toujours une petite pointe de « merde, fais chier ! » en moi.

Mais c’est pas grave, on se console comme on peut, j’aurais vraiment bien profité de tout ce qui me manqueras une fois que je serais partie et puis j’ai toujours avec moi les souvenirs des voyages passés.

Et vu que le 12 mai dernier j’ai « fêté » les 6 ans du moment où, pleine de larmes et de morve, j’ai pris mon tout premier avion, pour partir vivre le rêve américain en Louisiane, sans même imaginer que j’y resterais 2 ans sans revenir une seule fois entre temps, j’ai décidé de te raconter cette histoire si importante dans ma petite vie de vagabonde à paillettes.

Commençons par le commencement si tu veux bien.

Pourquoi la Louisiane ? Pourquoi les Etats-unis ? Et comment aussi ?

Il était une fois une petite Aurlane, tout juste diplômée du Bac, toujours en train de prendre des leçons de conduite pour le permis et complètement perdue et pleine d’eczéma face au futur. Cette petite Aurlane là, toute timide et accrochée comme une moule à sa famille, elle aimait beaucoup l’anglais et les série américaines et elle avait envie de voyager, ou au moins de passer ses vacances ailleurs qu’en Lozère et en Haute-Savoie. Perdue, toujours plus perdue, cette petite Aurlane rêveuse à passé beaucoup de temps sur internet et est par hasard tombée sur le job d’au pair. S’occuper d’enfants en échange du confort d’une maison familiale et d’un petit peu d’argent de poche, à l’étranger, tout en intégrant une nouvelle langue et une nouvelle culture… Bingo ! Le job était fait pour elle ! Elle à décidé de devenir jeune fille au pair aux Etats-unis, pour avoir sa propre part de rêve américain. Elle à fait tout son possible pour se lancer dans cette aventure, et après plusieurs mois de préparation, à s’inscrire dans une agence, à passer son permis, à remplir des dossiers, à obtenir un visa, à skyper des familles, et à se préparer à partir loin de sa famille pour au moins 1 an, là voilà, aéroport de Marseille terminal 1, une valise de 25 kilos et une de 58 à ses côtés, prête pour son premier avion destination Lafayette, Louisiana !

Bon là on va arrêter de parler de moi à la troisième personne parce c’est quand même un peu chelou ! Je t’épargne aussi les océans de larmes que j’ai versées ce jours là, c’était pas sexy du tout ! Et je t’explique un peu tout ce qu’il s’est passé dans ma tête pendant cette aventure !

Le feeling avant de partir

Quand j’y repense maintenant je me dis que si seulement j’avais entendu parler du yoga avant de me lancer là-dedans j’aurais peut-être vécu les choses un peu plus sereinement. Pour te situer le truc un peu mieux, au moment de prendre l’avion j’avais 19 ans et zéro confiance en moi. Et même si personne autours de moi n’à cherché à me décourager et a tout fait pour que je puisse réussir ce projet, personne n’y croyais non plus. Je ne sortais pas, je ne parlais que très peu, comment voulais-tu que je parte loin de tout et de tout le monde pendant une année entière ? Tu t’image bien la boule de nerf à bouclettes que j’étais à l’époque. Mais j’avais envie d’avancer, j’avais envie de relever le challenge, j’avais envie de me prouver que je pouvais devenir un petit peu plus la personne que je rêvais d’être ( et que je pouvais vivre sans le soutient constant de ma famille et ne pas finir ma vie seule avec un chat, sans jamais avoir vu autre chose qu’Avignon). J’ai lu des milliards de blogs d’au pair qui racontaient leur vies quotidiennes aux USA et je me voyais déjà conduire ma voiture automatique en direction d’un pique-nique du 4 juillet avec mes nouvelles copines au pair. Et pour être honnête je me voyais aussi un peu rentrer, au bout d’un an, chez mes parents avec mon futur mari américain (a girl can dream no ?). En gros, le soir où j’ai fêté mon départ j’étais toute petite, toute jeune, toute timide, très peu loquace et pas du tout rassurée, j’en savais très peu sur la famille qui allait m’accueillir et sur la vie en Louisiane mais j’étais pleine d’espoir. Je me suis accrochée fermement à ces rêves naïfs et j’ai réussi à quitter mon petit nid.

Le feeling à l’arrivée

En un mot c’était déstabilisant ! Ben oui, forcément j’ai 19 ans et le seul modèle que j’ai c’est ma propre famille dans le sud de la France. C’était brutal. Après une semaine à New York avec mes copines au pair arrivée en même temps que moi, à être préparée au mieux pour l’année qui allait suivre, cette fois-ci je me retrouve vraiment seule, perdue, encore une fois, dans l’aéroport de La Nouvelle Orléans. J’essaies tant bien que mal d’appeler le numéro de mes hosts, et puis j’entend quelque chose qui ressemble plus ou moins à mon prénom en américain et finalement je rencontre ma host mom. Je me rappelle toujours que je m’attendais à être déstabilisée par une personne que je ne connais pas vraiment qui me prend dans ses bras et j’ai finalement été déstabilisée par l’absence du fameux hug, mais surtout par le froid glacial et la musique neo-classique/gothique dans la voiture pendant les 3 heures de trajet pour arriver à Abbeville, Louisiana. Une fois arrivée, on est vendredi soir, il est tard et j’arrive dans ma petite maison à moi toute seule (oui, j’ai eu de la chance ), on me rentre mes valises, on me dit bienvenue, on me souhaite une bonne nuit et on me laisse toute seule dans cette maison. Et là, après l’excitation de réaliser que j’aurais mon chez moi pendant 1 an et après avoir ouvert tous les placards et réaliser aussi que j’avais même un vrai dressing, tu t’y attends un peu bien sûr, j’ai fondu en larmes, une fois de plus !

Je pourrais écrire un roman entier sur juste cette période où il a fallu que je fasse preuve d’adaptation et où je pleurais quotidiennement sur skype tous les matins avant d’aller prendre le petit-dej en famille. Mais je vais essayer de faire court. En l’espace de quelques semaines ma vie avait radicalement été tournée à l’envers, je vivais seule et je travaillais pour une famille où les grands-parents étaient aussi importants que les parents eux-même dans l’éducation des enfants, les enfants habitaient dans 2 maisons, on prenais les petit-dej en famille chez les grands-parents et on passait le reste de la journée chez les parents, mon seul rôle était de parler en français avec les enfants, on mangeait des œufs pochés avec des légumes au petit dej et rien que ça c’était dur à assimiler pour moi. Comme je te l’ai dit je pourrais en parler pendant des mois mais en bref on était bien loin de ce que je m’étais imaginé avant de prendre cet avion !

Comment je suis tombée amoureuse de la Louisiane

Non, ça à pas vraiment été le coup de foudre instantané cette histoire et au début j’ai beaucoup pensé au changement de famille. Mais vu qu’on sait toujours ce que l’on gagne mais pas ce que l’on perd je suis restée. Je voulais avoir une vie sociale normale, je voulais sortir prendre un café au starbucks et essayer de rentrer dans des bars même si j’avais pas encore 21 ans, seulement j’étais le seule jeune fille au pair de la ville. Ma vie sociale c’était du coup pas encore dans la poche. J’ai passé beaucoup de weekends à feuilleter mon guide touristique et à m’aventurer seule avec ma voiture autours de la Louisiane, j’ai tellement fait la touriste qu’un jour, sur la route de la Nouvelle Orléans, pour le 14 juillet, ma voiture est tombée en panne à un feu rouge. Bref, j’étais seule à la salle de sport, j’étais seule en weekend et j’étais seule dans ma petite maison le soir. Jusqu’au jour où j’ai tenté le tout pour le tout et je suis allée dans un bar réputé génial partout où j’en avais entendu parlé.

Et là, c’était la révelation !

Au Blue moon saloon à Lafayette j’ai appris à danser le cajun two step et le jitterbug, j’ai dansé au rythme de l’accordéon, du triangle et de la washboard, et très vite je me suis liée d’amitié avec les locaux les plus extraodinaires, les plus généreux et les plus funs du monde. Je sortais tous les soirs sauf le lundi, mardi taco tuesday, mercredi cajun jam, jeudi cours de danse au Feed n seed, vendredi et samedi il y avait toujours un groupe local à aller voir et dimanche j’allais danser au Randol’s.

J’avais toujours un truc à faire, toujours quelqu’un à voir, je suis tombée amoureuse, j’ai eu mon cœur brisé en petits morceaux, ma voiture est tombée en panne à un feu rouge, je me suis fait volé une voiture à La Nouvelle Orléans, en voyage l’auberge de jeunesse réservée à l’avance était fermée une fois arrivée sur place, j’ai vu des festivals, je me retrouvée volontairement topless dans une rue de La Nouvelle Orléans en échange de quelques colliers, j’ai couru après des poules pour mardi gras, j’ai vu toute sortes de serpents et d’alligators, j’ai mangé de l’alligator, j’ai été attaquée par des nuages de moustiques, j’ai passé des tests de fin de lycée en anglais et je m’en suis pas mal sortie, j’ai mangé mon poids en écrevisses, en gumbo, en jambalaya et en pralines et si je ne m’arrête pas maintenant je vais écrire une trilogie !

T’as compris, j’ai vécu la vraie vie en Louisiane, je ne me suis rien refusé, je ne me suis rien imposé et surtout j’ai levé toutes les barrières et les a priori que j’avais.

J’ai laissé le bon temps rouler !

Et j’ai vécu les deux plus belles années de toute ma vie !

Le feeling avant de rentrer

Je viens de te le dire, j’étais heureuse, une année s’est transformée en 2 années et au moment où mon visa avait atteint sa date d’expiration je n’imaginais pas le reste de ma vie ailleurs qu’en Louisiane. C’était l’heure de rentrer à la maison, même si j’avais maintenant un autre endroit que je pouvais appeler maison. J’avais envie de retrouver ma famille mais j’étais dévastée à l’idée de quitter mon amour de Louisiane adorée sans savoir quand j’y retournerais. Tu commence à me connaitre, encore une fois j’ai pleuré comme une madeleine.

C’est la vie. Je suis rentrée avec des milliers d’histoires à raconter, des souvenirs inoubliables, de nouveaux goûts musicaux un peu particuliers, des envies soudaines d’écrevisses et le projet de retourner dans ma maison secondaire un jour où l’autre.

Le feeling maintenant

En deux ans j’ai changé. La petite Aurlane toute timide à fait place à une Aurlane toute nouvelle, plus sûre d’elle avec des envies d’aventure. Depuis ces 4 ans où je suis sortie de l’avion, retour à Marseille, en surprenant ma sœur par la même occasion, il y a eu d’autres pays, d’autres projets, d’autres voyages qui ont tous fait de moi l’Aurlane de maintenant, celle avec qui je suis à l’aise et en confiance. Et quand je repense à la Louisiane c’est de la nostalgie que j’éprouve. Chaque fois que j’écoute les Pine Leaf Boys et Cedric Watson à fond dans ma voiture je revis ces deux années de pure magie vaudoo et je me promet encore une fois d’y retourner dès que j’en aurais l’occasion et j’espère toujours secrètement passer une partie de ma vie dans un rockingchair, sur le porche d’une de ces maisons majestueuses du Garden district de La Nouvelle Orléans.

Au jour d’aujourd’hui pas de retours en Louisiane prévu pour le futur proche mais rien ne m’empêche de jouer ma playlist et de laisser le bon temps rouler en attendant de pouvoir danser encore pour de vrai sur de la zydeco au Blue Moon Saloon.

Voilà, c’est tout pour l’histoire d’aujourd’hui. J’espère t’avoir donné l’envie de découvrir cet endroit si cher à mon cœur et si jamais tu en veux encore je reviendrais bientôt te parler de ma vie d’au pair sur place.

Tout plein d’écrevisses et de pralines à paillettes pour toi et à bientôt !

Aurlane, pâtissière, prof de yoga, voyageuse et rêveuse de compétition, j'aime danser, chanter toute seule dans ma voiture, boire du thé, cuisiner, marcher pieds nus, lire des livres au soleil et faire plaisir aux gens qui m'entourent.

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