Voyage

Tout sur mon YTT à Rishikesh



Salut toi, et re-bienvenue chez moi.

Alors, je sais, on est confinés, on peut à peine sortir de chez nous et moi je t’écris ici pour te parler d’un truc dont tu n’a jamais entendu parler dans un endroit complètement paumé. Mais je t’écris quand même parce que j’ai vraiment envie de te sortir de chez toi, de te faire penser à autre chose qu’à la prochaine recette que tu va tester ou qu’à la parfaite série à binge watcher dans ton lit. Non je ne vais pas faire de miracles et tu va bien rester dans ton canapé, ou ta chaise de jardin si t’as de la chance, mais je vais t’emmener avec moi à Rishikesh en Inde, histoire de changer d’air.

Pourquoi Rishikesh et pourquoi l’Inde tu vas me demander ?

Tout simplement parce que depuis que plus personne ne peut sortir, il semble que tout le monde ait son live instagram quotidien avec un cours de yoga, de méditation, d’auto-massage ou d’ayurvéda et que tu as peut-être songé à te mettre au yoga histoire de voir si ça vaut vraiment le coup ou juste pour faire passer le temps avant l’heure de l’apéro.

Okay mais du coup c’est quoi cette histoire de YTT ?

Le YTT, en anglais, ça veut dire Yoga Teacher Training. C’est donc une formation pour devenir prof de yoga. Tu peux en trouver partout dans le monde et elles sont très souvent certifiées par l’organisation Yoga Alliance et reconnues sur tous les continents. Il existe autant de YTT que de sortes de Yoga (beaucoup donc), mais ici, je ne te parlerais que de celui que j’ai choisi, le plus basique, le YTT 200hrs. Et plus particulièrement de mon expérience générale du YTT 200hrs à Rishikesh en Inde.

Pourquoi je suis partie en Inde pour devenir prof de yoga ?

J’avais un job très prenant dans un bureau où je ne prenais aucun plaisir à travailler pour un boss de merde et même si je gagnais des tonnes d’argent ma vie n’avait plus de sens à mes yeux.

Ça, c’est le stéréotype, le cliché, pas du tout mon cas.

Ce qui m’à réellement motivée à me lancer dans cette aventure c’est en fait tout un ensemble de petites choses qui m’on fait me dire, « Ben pourquoi pas en fait ! ».

Tout d’abord j’aime le yoga et je le pratique plus ou moins régulièrement, seule chez moi ou en cours collectifs, depuis 2015 quand je m’y suis essayée pour la première fois par curiosité.

Ensuite j’avais prévu un voyage de 3 semaines au Sri Lanka (une petite île au sud de l’inde dont je te reparlerais un jour) et je n’avais pas de plans professionnel ou personnel pour après. J’avais donc le temps d’étendre mon voyage et d’y ajouter une escale.

Et puis j’ai regardé « Mange, prie, aime », (plusieurs fois), et après une recherche comme ça, juste pour voir, quand, où, comment, combien, etc… Je me suis rendue compte que c’était bien plus faisable que ce que je ne le pensais.

J’ai donc passé 1 mois à World Peace Yoga School, à Rishikesh, en Inde, à étudier comment devenir prof de yoga.

Expectations vs reality

Là on va rentrer dans le vif du sujet parce que tu l’as bien compris je ne suis pas Julia Robert et ma vie n’est pas une production hollywoodienne. Alors à quoi je m’attendais en partant pour cette aventure ?

Je m’attendais à beaucoup de choses en fait mais j’avais plus ou moins en tête l’idée d’une colonie de vacance dans laquelle j’allais me lever à l’aube pour faire souffrir mon corps, transpirer et vivre plus sainement en invitant plus de spiritualité dans ma vie. Du coup, non, je ne me suis pas fait beaucoup d’illusions, je savais que ce ne serait pas facile tous les jours, je pensais que pleurer régulièrement sur mon tapis et étudier sérieusement serait mon nouveau quotidien. Et je n’étais pas très loin de tout ça. Sauf que je n’ai pas tout vu venir.

Ce à quoi je ne m’attendais pas c’est la vitesse à laquelle je me suis liée au gens de mon groupe et laquelle je me suis habituée à la ville de Rishikesh. Je ne m’attendais pas non plus être emportée par le lieu en lui même, le Gange, si bleu, les énergies, les lignes de la mains que l’on peut se faire lire partout et toutes les choses que je n’ai pas réussis à m’expliquer rationnellement. Si Rishikesh est surnommée le berceau du yoga j’ai très vite compris pourquoi et j’y ai très vite adhéré à ma grande surprise. Ça c’est pour les bonnes surprises.

Une fois sur place je ne m’étais pas vraiment imaginé le niveau de confort. Je voyage assez souvent, je suis une habituée des auberges de jeunesse et du camping donc je ne me faisais pas trop de soucis par rapport au confort du quotidien à l’école. Et tu l’auras compris j’ai été un peu déstabilisée au début. D’abord j’ai eu froid, mais genre, très froid, tout le temps. Car même si j’avais prévu qu’il ne ferait pas chaud dehors je pensais, à tort, que l’Inde aurais un système de chauffage quelconque à l’intérieur. Pour être honnête avec toi ça à été ma plus grande surprise et la chose la plus dure à surmonter pendant cette aventure. Je ne pensais pas non plus être constamment courbaturée au point de ne plus savoir comment m’asseoir, ni de manger autant de pâtes et de pizza en dehors de l’école, ni d’avoir une grosse pile de livres à fourrer dans mon sac avant de rentrer chez moi, ni de devoir laver mes fringues dans un seau sans savoir combien de jours après les avoir étendues elles seraient enfin sèches (gros soucis d’humidité au pied de l’Himalaya).

Bref, après avoir acheté tout un tas de vêtements chaud aux couleurs locales, de tapis de yoga en liège, de bouteilles en cuivre, d’huiles de massages et de remèdes très locaux qui ont permis de faire rire mes proches une fois de retour à la maison, il n’y avait rien d’insurmontable et j’en ai beaucoup appris sur moi et le monde qui m’entoure.

Mais alors qu’est ce que j’ai vraiment appris à Rishikesh.

J’ai appris qu’il ne fait pas chaud partout en Inde, que le yoga ne se limite pas à la pratique des postures, qu’il n’y a pas de raison d’avoir peur de partir seule en Inde, qu’on peut se passer de plus de confort que ce que l’on pensait, que l’on peut « guérir » un rhume en jeûnant 24 à 48 heures (je cherche toujours le comment du pourquoi là dessus mais en tout cas ça ma bien aidée), j’ai appris à respirer correctement, à chanter en sanskrit, à lâcher prise, à négocier comme une pro le prix des chaussettes chaudes, et à me passer de viande et d’alcool (même si j’ai beaucoup rêvé de vin chaud en vrai). J’ai appris qu’en Inde tu peux vraiment croiser une vache ou un singe partout, surtout quand il s’agit de venir manger un truc dans ton assiette et que tout le monde sait lire les lignes de la main et guérir grâce à un mantra. J’ai surtout appris à m’adapter et à devenir un peu plus flexible chaque jour, qu’il y aussi des jours où la meilleure chose faire est de ne rien faire pour que ça ailles mieux, qu’il ne sert à rien de forcer et que si c’était à refaire je ne changerais rien de cette aventure à part peut être avoir mis une bouillotte et plus de chaussettes chaudes dans mon sac à dos.

Sur ce c’est la fin de ce petit voyage au bord du Gange et au pied de l’Himalaya, en tout cas c’est tout pour aujourd’hui. Je reviendrais surement te parler d’une journée type à World Peace Yoga School, de ce que j’avais roulé dans mon sac à dos à la place des chaussettes chaudes et des gilets en laine et du reste de mon séjour en Inde.

En attendant je ne te laisse pas tomber et pour que tu reste dans l’ambiance je te propose d’allumer un peu d’encens, de rester dans ton pyjama confortable, de dérouler ton tapis de yoga, de t’asseoir par terre, de chercher une bonne recette de butter masala et de chapati et de jouer cette playlist pour faire comme si tu était à Rishikesh.

N’hésite pas à venir me raconter ton voyage avec moi, à me poser tes questions et à partager avec moi tes suggestions. J’espère que tu auras passé un bon moment et une belle journée en général !

A bientôt pour de nouvelles aventures !

Aurlane, pâtissière, prof de yoga, voyageuse et rêveuse de compétition, j'aime danser, chanter toute seule dans ma voiture, boire du thé, cuisiner, marcher pieds nus, lire des livres au soleil et faire plaisir aux gens qui m'entourent.

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